Télétravail & Santé Mentale :
3 Convictions pour préserver vos équipes

Le télétravail s'est imposé dans nos vies et dans l'organisation de nos entreprises, avec en moyenne près de deux jours par semaine pour les salariés du privé. Mais alors que certaines sociétés annoncent aujourd'hui vouloir freiner cette pratique au nom de la cohésion d'équipe, comment trouver le bon équilibre pour la santé mentale au travail des collaborateurs ?
Pour répondre à cette question, nous avons organisé un webinaire rassemblant des experts pour débattre de cette thématique centrale.
Claire Bonniol, Directrice EX CX chez Aktan a posé un constat fondamental : le télétravail n'est finalement que le symptôme d'un rapport au travail qui a profondément muté.
De ces échanges riches sont ressorties trois convictions fortes pour bâtir une stratégie de prévention de la santé mentale en entreprise.
Tout est une question de dosage
Le télétravail n'est fondamentalement ni une solution miracle, ni un problème en soi. Comme l'a parfaitement résumé Catherine Touvrey, Directrice générale d'Harmonie Mutuelle : « le poison est dans la dose ».
- L'excès crée le risque : Que ce soit en allant à fond d'un côté ou de l'autre, c'est une question d'équilibre.
- Les vraies attentes : Les salariés n'aspirent pas nécessairement au télétravail en tant que tel, mais avant tout à moins de temps de trajet et à plus de flexibilité pour un meilleur équilibre vie pro / vie perso..
- La clé de la réussite : Les organisations doivent davantage individualiser les solutions selon les profils et les situations personnelles de chacun. C’est un levier managérial majeur pour limiter durablement l’absentéisme.
Pour aller plus loin dans ce dosage, nos experts Cyr Dioré et Catherine Touvrey rappellent que le travail à distance doit prendre en compte le contexte de chacun. Par exemple, imposer le télétravail à un nouvel arrivant est souvent contre-productif. Un sas d'intégration de six mois sur site reste un repère précieux pour créer un lien solide.
Le "permis de confiance"
Le besoin de contrôle, encore très ancré dans la culture de nos entreprises, trouve rapidement ses limites avec le travail à distance. Il est nécessaire de repenser notre manière de collaborer pour favoriser le bien-être au travail.
- Sortir du "faire ses preuves" : Comme l'a souligné Cyr Dioré, cofondateur de Greenfib, il faut sortir de la culture où l'on part du principe qu'on ne fait pas confiance a priori.
- Responsabiliser les équipes : Adopter le « permis de confiance » (expression venue du Québec) qui permet de traiter les collaborateurs comme des adultes responsables. C'est indispensable pour éviter la surcharge mentale et assurer la résilience de l'entreprise face aux aléas.
Au-delà de la simple gestion managériale, repenser ce lien permet de bâtir une véritable résilience collective. Cyr Dioré souligne d'ailleurs que le télétravail est un excellent terrain d'expérimentation pour assurer la continuité d'activité de l'entreprise face aux imprévus extérieurs (aléas climatiques, inondations, etc...). Il invite également à dépasser le concept classique de "bien-être" (trop centré sur soi) pour viser l'être bien : être bien avec soi-même, être bien avec son entreprise et être bien avec le monde.
La maintenance de l'humain : prévenir les RPS par le triptyque Tête, Coeur, Corps
Dans le secteur de l'industrie, la maintenance préventive des machines est une évidence absolue : attendre la panne (le curatif) coûte cher, désorganise le travail et fatigue les équipes. Pourquoi ne pas appliquer cette même logique à l'humain pour la prévention des RPS (Risques Psychosociaux) ?
- L'approche systémique : Il est temps d'instaurer une démarche de prévention axée sur l'équilibre du triptyque « Tête, Cœur, Corps » pour chaque collaborateur.
- Le point aveugle de l’épuisement professionnel : Si les entreprises savent généralement prendre soin de la "Tête" par la formation et commencent à encourager le "Corps" par l'activité physique, l'attention portée au "Cœur" (l'aspect purement émotionnel) reste encore beaucoup trop rare.
- La robustesse : L'objectif ultime n'est pas de chercher la performance absolue et épuisante à court terme, mais de viser la robustesse pour permettre aux équipes de durer sainement dans le temps.
Cette maintenance préventive passe par ce que Catherine Touvrey nomme "l'écologie personnelle". Avec le développement d'outils technologiques comme l'intelligence artificielle qui suppriment progressivement les tâches simples, notre charge cognitive s'intensifie. Or, le cerveau humain n'est pas conçu pour enchaîner huit heures de tâches complexes ininterrompues. À l'image d'un sportif, il a impérativement besoin d'alterner les temps d'effort intense et les temps de récupération pour rester performant et en bonne santé.
Allez plus loin: Visionnez le replay de notre webinaire !
Le lien entre les nouveaux modes de travail, la santé mentale et l'expérience collaborateur est un sujet complexe qui mérite d'être approfondi.
Lors de notre échange, nos intervenants ont partagé de nombreux autres retours d'expériences concrets et des bonnes pratiques.
Vous avez manqué ce direct ou vous souhaitez revoir les échanges ?
Cliquez ci-dessous pour visionner le replay de notre webinaire "Télétravail et Santé Mentale" du 13 février.